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· 3 min de lecture

Ventes de vêtements en repli : les arbitrages à faire avec vos prestataires e-commerce

Selon Les Echos, les ventes de vêtements sont en baisse en France si l'on met de côté Shein et Temu. Pour une marque ou un distributeur, cela impose de revoir la structure du dispositif e-commerce avant de remettre du budget dans l'acquisition.

D'après Les Echos, le marché français de l'habillement recule dès lors que l'on sort du périmètre de Shein et de Temu. La dépêche ne détaille pas les chiffres dans l'extrait dont nous disposons, et il n'y a pas lieu d'en avancer. Le point directement exploitable est de nature stratégique : la pression concurrentielle vient d'acteurs qui jouent sur le prix et le volume, un terrain sur lequel la plupart des marques françaises ne peuvent pas s'aligner.

La première conséquence opérationnelle est qu'augmenter simplement le budget publicitaire est rarement la bonne réponse dans un marché qui se contracte. Avant de demander à une agence d'acquisition de pousser les enchères, faites établir un diagnostic de rentabilité par canal et par famille de produits : coût d'acquisition, marge réelle après retours, et part des ventes qui seraient survenues sans publicité. C'est une mission d'audit courte, qui se facture au forfait et qui évite des mois de dépenses mal orientées.

Le deuxième chantier est la conversion plutôt que le trafic. Dans l'habillement, les leviers les plus rentables sont souvent la qualité des visuels et des descriptions, la clarté du guide des tailles, la gestion des retours et le délai de livraison affiché. Un prestataire UX ou CRO peut travailler sur ces points avec des livrables mesurables. Demandez un devis structuré en hypothèses testées, avec un nombre de tests par mois et un protocole de mesure défini à l'avance.

Le troisième chantier est la fidélisation. Reconquérir un client existant coûte structurellement moins cher que d'en acquérir un nouveau dans un marché sous pression. Faites chiffrer séparément une prestation de CRM et d'e-mailing : segmentation de la base, scénarios de relance, programme de retour en boutique si vous avez du réseau physique. Vérifiez que le prestataire maîtrise les obligations de consentement et de gestion des désabonnements, et faites-le écrire.

Sur la question des marketplaces à bas prix, deux stratégies existent et doivent être tranchées avant de briefer une agence : se différencier par la qualité, la durabilité, le service et la production locale, ou aller chercher du volume sur ces plateformes. Les deux se défendent, mais elles n'appellent ni les mêmes prestataires, ni les mêmes budgets, ni les mêmes messages. Un brief qui n'a pas tranché produit des propositions incomparables.

Dans la consultation, exigez trois éléments : des références dans l'habillement ou au minimum dans le retail avec gestion de tailles et de retours, une projection de scénarios prudente plutôt qu'une promesse de croissance, et une structure de rémunération lisible. Méfiez-vous des rémunérations exclusivement au pourcentage du chiffre d'affaires généré, qui poussent au volume sans considération de marge ; préférez un forfait, éventuellement complété d'une part variable indexée sur la marge.

Côté contrat, sécurisez la propriété du compte publicitaire, de la base clients et du flux produit. Prévoyez une clause de revue trimestrielle avec possibilité de réduire le périmètre sans pénalité : dans un marché en repli, la capacité à ajuster rapidement le budget vaut mieux qu'un tarif négocié à la baisse sur douze mois fermes.

Enfin, faites reposer vos décisions sur des données publiques de consommation plutôt que sur les seules analyses de vos prestataires, qui ont un intérêt à la dépense. Les statistiques officielles de consommation des ménages constituent un point de repère indépendant pour arbitrer vos budgets.

Questions fréquentes

Faut-il couper le budget publicitaire quand le marché recule ?

Pas mécaniquement. La bonne démarche est un audit de rentabilité par canal et par famille de produits, afin de couper ce qui n'est pas rentable et de maintenir ce qui l'est.

Quel type de prestataire prioriser dans cette situation ?

Un profil conversion et CRM avant un profil acquisition pure. Améliorer le taux de transformation et réactiver la base existante coûte généralement moins cher que d'acheter du trafic supplémentaire.

Quel mode de rémunération éviter ?

La rémunération assise uniquement sur le chiffre d'affaires généré, qui incite au volume sans tenir compte de la marge ni des retours produits.

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