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Réseaux sociaux et mineurs : sécuriser sa stratégie social media
Selon L'Agefi, Ursula von der Leyen propose une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans dans l'Union européenne. Pour une entreprise dont une partie de l'audience est jeune, c'est un signal à intégrer dès maintenant dans le brief social media.
La dépêche relayée par L'Agefi fait état d'une proposition, et non d'une règle applicable à ce jour. Nous restons prudents sur ce point : rien n'indique dans l'extrait de calendrier, de périmètre définitif ni de modalités. Mais une proposition portée au plus haut niveau européen mérite d'être anticipée par les entreprises dont la communication repose fortement sur les plateformes sociales.
Le premier travail à demander à une agence est un inventaire d'audience. Sur chaque plateforme que vous utilisez, quelle est la répartition par âge de vos abonnés et de vos audiences publicitaires ? Cette donnée est disponible dans les outils des plateformes. Si une part significative de votre portée dépendait de tranches jeunes, une évolution réglementaire aurait un effet direct sur votre visibilité.
Deuxième demande : une cartographie de dépendance. Faites lister la part de vos contacts, de vos commandes ou de vos rendez-vous qui provient de chaque canal. Une entreprise qui tire l'essentiel de ses prospects d'une seule plateforme porte un risque de concentration, indépendamment de toute réglementation. C'est un diagnostic que toute agence compétente sait produire en quelques jours.
Troisième demande : un plan de transfert d'audience vers des canaux que vous possédez. Liste de diffusion, site, base de contacts, application de messagerie, événements. L'objectif n'est pas d'abandonner les réseaux sociaux mais de ne pas dépendre d'un intermédiaire pour joindre vos clients. Demandez un objectif chiffré de collecte et les moyens prévus pour l'atteindre.
Quatrième demande : la conformité de vos pratiques envers les publics jeunes, si votre produit les concerne. Vérification d'âge à l'entrée du site ou du service, consentement sur les traitements de données, ciblage publicitaire, mentions obligatoires, encadrement des partenariats avec des créateurs de contenus. Demandez à l'agence de documenter par écrit ce qui est en place et ce qui manque. La CNIL publie des ressources accessibles sur ces sujets.
Cinquième demande : une veille contractualisée. Inscrivez dans la mission que l'agence vous signale, dans un point mensuel, toute évolution réglementaire ou de plateforme susceptible d'affecter votre dispositif, avec la conséquence pratique pour vous. Une veille qui se limite à partager un article de presse sans analyse n'a pas de valeur.
Sur le plan du budget publicitaire, évitez les engagements annuels rigides sur une seule plateforme tant que le cadre bouge. Privilégiez des enveloppes trimestrielles réallouables, avec un point d'arbitrage à chaque fin de trimestre et un indicateur simple : coût d'acquisition par canal.
Enfin, vérifiez la propriété de vos comptes. Les pages et comptes professionnels doivent être rattachés à une adresse de votre entreprise, avec au moins deux administrateurs internes. Une agence qui détient seule les accès à vos comptes sociaux vous place dans une situation de dépendance que rien ne justifie.
Questions fréquentes
Cette interdiction est-elle en vigueur ?
Selon la dépêche, il s'agit d'une proposition. Elle n'est pas présentée comme une règle applicable, et l'extrait ne donne ni calendrier ni modalités définitives.
Que demander en priorité à son agence social media ?
Un inventaire de l'âge de vos audiences par plateforme, une mesure de votre dépendance à chaque canal et un plan de collecte de contacts sur des supports que vous possédez.
Comment éviter de dépendre d'une seule plateforme ?
Fixez un objectif chiffré de contacts collectés directement (liste de diffusion, base clients), suivez le coût d'acquisition par canal et répartissez le budget publicitaire par trimestre plutôt que sur l'année.
Sources
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