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IA et contenus : ce qu’il faut exiger de votre agence dès le brief
Dans une tribune publiée par Stratégies, Claire Gerardin met en avant un paradoxe : l’IA permet de produire davantage de contenus tout en disant moins de choses. Pour une entreprise qui confie sa production éditoriale à une agence, la réponse tient en trois points : contractualiser l’usage de l’IA, payer l’angle plutôt que le volume, et vérifier la substance avant publication.
Le constat évoqué par la tribune parle à tous ceux qui reçoivent des livrables éditoriaux depuis deux ans : des textes corrects, lisses, interchangeables, et sans information nouvelle. Le problème n’est pas l’outil, c’est le mode d’achat. Tant que vous payez au nombre d’articles ou de posts, vous obtenez du volume ; c’est exactement ce que l’automatisation sait produire le mieux.
Changez l’unité d’achat. Dans le brief, remplacez « dix articles par mois » par « quatre contenus par mois, chacun reposant sur une source propriétaire identifiée ». Une source propriétaire, c’est un entretien avec un de vos experts, un chiffre tiré de vos données, un retour client documenté, une observation terrain. C’est ce que l’IA seule ne peut pas fabriquer, et c’est précisément ce que vous devez payer.
Exigez une clause IA explicite dans le contrat. Elle doit préciser dans quels cas l’agence utilise des outils génératifs, à quelles étapes, qui relit, et si des données confidentielles de votre entreprise peuvent être soumises à un service tiers. Ce dernier point est souvent oublié alors qu’il engage votre conformité et votre confidentialité bien au-delà du budget communication.
Mettez en place un contrôle simple et rapide à appliquer. Avant validation, posez trois questions à chaque texte : qu’apprend le lecteur qu’il ne trouve pas ailleurs, quelle affirmation est vérifiable et sourcée, et que resterait-il si on retirait les formules générales. Un contenu qui ne survit pas à ce test ne mérite ni votre validation ni votre budget.
Traitez la vérification comme un livrable, pas comme une politesse. Demandez que chaque contenu soit accompagné de ses sources, avec les liens, et que les chiffres cités soient attribués. Les outils génératifs produisent des références plausibles mais inexactes ; c’est à l’agence de les contrôler, et à vous de l’écrire dans le contrat avec les conséquences en cas de manquement.
Posez la question des droits et de l’originalité. Qui détient les contenus livrés, que se passe-t-il si un visuel généré ressemble de trop près à une œuvre existante, et l’agence indique-t-elle lorsqu’une image est produite par IA. Prévoyez au minimum une obligation d’information de l’agence envers vous, et une règle interne sur ce que vous signalez ou non à votre audience.
Rééquilibrez enfin les indicateurs. Si vous suivez uniquement le nombre de publications et le trafic brut, vous encouragez le volume. Ajoutez des mesures de substance : temps de lecture réel, reprises par des tiers, demandes entrantes attribuées à un contenu précis, retours commerciaux sur les sujets traités. Une agence évaluée sur ces bases produit autrement.
En pratique, la bonne agence n’est pas celle qui promet d’écrire plus vite grâce à l’IA, mais celle qui explique ce qu’elle fait faire à la machine et ce qu’elle garde en humain. Demandez-le en réunion de sélection, précisément, étape par étape. Les réponses floues sur ce point sont un signal de qualité fiable.
Questions fréquentes
Faut-il interdire l’IA à son agence ?
Non, l’interdiction est difficile à contrôler et peu utile. Mieux vaut encadrer : usages autorisés, relecture humaine obligatoire, interdiction de transmettre des données confidentielles à des services tiers, et sources fournies avec chaque livrable.
Comment repérer un contenu sans substance ?
Retirez mentalement les généralités et les transitions. S’il ne reste ni fait vérifiable, ni chiffre attribué, ni exemple précis issu de votre activité, le contenu n’apporte rien et ne doit pas être validé.
Que mettre dans une clause IA ?
Les outils et étapes concernés, l’obligation de relecture humaine, les règles de confidentialité des données transmises, la fourniture des sources, et la responsabilité de l’agence en cas d’erreur factuelle publiée.
Sources
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